Je me suis dit que dans cette période de l'année ou j'aimerai bien prolonger un peu mes matinées, c'était pas innocent que je lise un livre qui s'appelle "Cinq matins de trop".
Cinq matins de trop, du lundi au vendredi, juste avant le week end, ça colle !
Mais déception.
D'abord Cinq matins de trop est un roman qui nous vient de l'autre bout de la terre, Down Under comme ils disent là-bas en Australie. Et je ne savais pas qu'il y avait des écrivains Australiens !!!
De toute façon, vous seriez étonnés par le nombre de choses que je ne connais pas. Moi, je m'en étonne souvent en tout cas.
Et c'est pas tout à fait l'histoire de grasses matinées Australiennes.
C'est l'histoire de Grant, prof à Tiboonda, coin paumé d'Australie, et les coins paumés ça n'a pas l'air de manquer là-bas. Pour ses vacances Grant veut rentrer à Sydney, mais il réussit uniquement à végéter à Bundanyabba, un coin à peine moins paumé que Tiboonda.
Dans ces coins là, tout le monde se connaît, s'occupe comme il le peut, et Grant va en faire l'expérience après avoir joué au con et gagné le droit de rester coincé à Bundan machin chose.
La vie en Australie, en tout cas celle-là, ne semble dépendre que de bières en quantités illimitées, d'heures à conduire en voiture, de chasses aux kangourous, de cohabitation avec des personnages en état de clochardisation mentale sinon physique.
Mais malgré tout, ces gens là, à leur façon, existent et font de leur mieux pour continuer à exister.
Découvrir cette Australie là, change un peu, même beaucoup, de la vague vision mer bleue, dents blanches, barbecue permanent et vie au soleil à laquelle on pourrait d'abord penser. L'Australie, ce serait donc autre chose ?
Cette fois on est comme maintenu en lisière de cauchemar, cette ancienne colonie Anglaise ou étaient envoyés les parias du royaume, puis de l'empire Britannique ayant gardé toutes ses qualités carcérales.
La chaleur, la poussière, l'isolement, l'ennui conduisent les êtres à s'isoler dans une espèce d'indifférence à eux mêmes. Et quand ils chassent le kangourou, par dépit, on se prend à penser que c'est juste une façon de ne pas retourner leur fusils pour en finir.
On se prend même de sympathie et de compassion pour tous ces gens qui ont atterri ici, et qui apprécient d'autant plus le vide de leur vie et de leur ville, que c'est ce qui les maintient tout juste en état de continuer à aligner leurs journées immuables les unes après les autres.
Et si Grant essaie d'y échapper, il a déjà été en quelque sorte contaminé, et ne peut que se débattre entre obstination et capitulation.
Un livre inattendu pour moi. Son auteur, Kenneth Cook est devenu célèbre dans son pays. Si c'est ça, la vraie Australie, je comprend pourquoi.
